La faim dans le monde
" Dans 10 ans, plus un seul enfant n'aura faim " : c'est ce que déclarait la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture)... en 1974. Aujourd'hui, la même organisation prédit : " D'ici à 2025, un milliard deux cent millions d'être humains pourraient avoir chroniquement faim ". Que croire ? Qui croire ? La faim dans le monde reste un problème sans solution immédiate.
La flambée des prix de l'alimentation
On le remarque chez nous : le prix du riz, de la farine, des légumes et des fruits flambent. Sans parler de l'essence, qui dépasse des sommets jamais atteints jusqu'ici. La situation est la même dans les pays d'où nous viennent ces denrées. En Côte d'Ivoire et au Sri Lanka, le prix du riz a doublé en un an ; il a triplé en Somalie. En Thaïlande, la tonne de riz vaut 502 euros, soit une augmentation de 147 % en moins d'un an. Le pain devient un produit de luxe pour les Mexicains. Les origines de cette déstabilisation sont multiples, de telle manière que les solutions ne sont pas simples et chaque pays devrait être traité au cas par cas.
La population de la Terre explose
Nous sommes un peu plus de 6 milliards d'êtres humains sur notre planète. On annonce plus de 9 milliards vers 2020. Imaginons un instant que toute production de produits alimentaires s'arrêterait aujourd'hui. En 1997, les stocks alimentaires mondiaux permettaient de nourrir la population mondiale pendant 108 - ce chiffre est tombé à 70 jours, aujourd'hui. Si rien ne s'améliore, en 2020, on arriverait péniblement à assurer 20 jours de consommation. On peut se passer de pétrole - et pourtant, combien de guerres pour contrôler cette source d'énergie... Qu'est-ce qui se passerait si le riz, le maïs, le blé, l'eau (voir notre dossier à ce sujet) venaient à manquer ?
Déséquilibre grandissant entre riches et pauvres
Longtemps, la Terre a été divisée entre pays riches, de plus en plus riches, et pays pauvres. Parfois, des producteurs de riz, comme la Thaïlande, exportaient le riz vers les pays riches, alors que ce même riz manquait pour la population thaï. Les choses ont changé. Des pays, comme l'Inde et la Chine (et dans une moindre mesure, les pays d'Europe de l'Est), accèdent à une certaine aisance économique. Leurs populations consomment plus. Tout se passe comme s'il y avait de plus en plus de gens autour d'un gâteau, mais le gâteau ne grandit pas. Et le pâtissier veut à la fois augmenter ses prix et conserver une plus grande part du gâteau, parce que sa famille s'est agrandie !
L'action des spéculateurs
Un spéculateur ne pense qu'à l'argent. Il ne produit rien, mais veut acheter les produits, le moins cher possible, pour les vendre avec un énorme bénéfice. On en rencontre quelques uns dans les aventures de Tintin... Pendant des années, les spéculateurs s'intéressaient à la monnaie, aux actions boursières, à l'achat et à la vente de maisons. Les affaires ne sont plus très brillantes de ce côté ? Les spéculateurs se rabattent sur les produits alimentaires. Et ils y appliquent la même logique : on achète à bas prix, on vend cher, on réalise le plus gros bénéfice et le plus rapidement possible. Cette manière d'agir se révèle particulièrement odieuse : les petits paysans, encore majoritaires dans les pays émergents, ne gagnent presque plus rien, abandonnent la terre, s'exilent dans les villes. Et les consommateurs se ruinent à acheter les produits de cette même terre, sur lesquels les intermédiaires et les spéculateurs réalisent des bénéfices spectaculaires. Sans se soucier de l'avenir et de la misère qu'ils provoquent...
Les oranges bleues : une solution ?
C'était à Noël 1964. En guise de cadeau de fin d'année, les jeunes de cette année-là réclamèrent... un ticket de cinéma. Tintin et les Oranges bleues (le second film qui vit Jean-Pierre Talbot incarner le personnage de Hergé) partait à la conquête des écrans. Ce film, au scénario duquel participa René Goscinny, présentait un fruit extraordinaire, l'orange bleue, susceptible de supprimer la faim dans le monde, en raison de la simplicité de sa culture. Une solution ? Très utopique, en tout cas ! Elle ne tient pas compte de la diversité des peuples de la terre et de leurs habitudes alimentaires. Manger des oranges à tous les repas, c'est un peu tristounet... Si déjà vous avez des problèmes à manger des légumes ou de la viande, imaginez ce qui se passerait si tout cela était d'un bleu uniforme ! Hergé, lui-même se montra dubitatif à l'égard de ce scénario.
La solution de Tintin - peut-être...
Relisez les albums Tintin : Tintin au Congo, Coke en Stock, Tintin et les Picaros, Tintin au Tibet... On n'y parle pas directement de la faim dans le monde - sauf Milou, qui a toujours le ventre creux et se montre disposé à toutes les sottises pour satisfaire sa goinfrerie ! Mais si vous prenez en considération le regard que jette Hergé sur les problèmes du monde et de ses populations : n'y voyez-vous pas un fil conducteur ? Tintin observe les gens, respecte leurs coutumes, écoute les autres, leur parle, leur apporte son aide. Et si cette attitude était la bonne ? Si, au lieu d'ignorer le monde qui nous entoure, nous partions à la découverte de ses richesses humaines... Nous n'accepterions plus les inégalités indignes entre les hommes de tous les pays. Et nous pourrons espérer qu'ainsi se lèveront des milliers, voire des millions de petits " Tintin " - vous qui nous lisez, sans doute. Des milliers de " Tintin ", prêts à œuvrer pacifiquement pour l'amélioration de la vie, pour plus de justice, pour plus d'amitié et de solidarité. Un rêve ? Il ne tient qu'à nous d'en faire une réalité !

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