Bzzzzz !
Des ruches décimées à plus de 80 %. Les abeilles sont-elles en voie de disparition ? Sans elles, toute vie sur la Terre risque de périr. Grave, la situation ! Un sommet mondial de crise se penche sur la question, à Montpellier.
Butiner pour la vie
Abeille, symbole de travail industrieux. Abeille, productrice de miel. Abeille, bâtisseuse de ruches. Abeille, insecte au dard vengeur. Toutes ces images circulent dans l'esprit des hommes depuis d'innombrables générations. Il faut néanmoins ajouter une caractéristique primordiale à ce portrait : abeille, indispensable à la survie des espèces sur la planète Terre ! Notre survie dépendrait d'un insecte dont la taille dépasse à peine le centimètre ? Oui. Albert Einstein prédisait qu'en cas de disparition des abeilles, la vie disparaîtrait sur Terre dans les trois années suivantes...
L'art du pollen
Quand les abeilles ouvrières quittent la ruche, elles butinent de fleur en fleur. Elles en extraient le suc qu'elles régurgiteront à leur retour dans leur colonie. Cette substance est à la base du miel, que nous apprécions tellement et qui possèdent des propriétés nettement plus nutritives que le sucre à base de betteraves. Mais en visitant le cœur des fleurs, les abeilles accrochent aussi le pollen. Elles le transportent sur leur corps velu, avant de le déposer dans d'autres fleurs. Ainsi naîtront des plantes nouvelles qui, produisant des fleurs, accueilleront, à leur tour, de nouvelles abeilles. Ainsi, les abeilles (en plus d'autres insectes et conditions atmosphériques) participent au cycle de la vie. Elles en sont même un chaînon indispensable : 35 % de notre alimentation et 80 % de la diversité des fleurs dépendent d'elles.
Tout miel ?
Les abeilles ne sont pas seulement des productrices de miel : nous dépendons d'elles ! Démonstration. Si une fleur n'est pas fécondée, elle ne pourra pas engendrer des cellules reproductrices. Adieu, les arbres, les fruits, les légumes, les céréales... C'est-à-dire, l'essentiel de la nourriture des animaux qui nous nourrissent de leur viande. Si les animaux ne trouvent plus de quoi se nourrir, ils disparaissent. Et par conséquent, les êtres humains, ces omnivores qui consomment à la fois les végétaux et la viande animale. Le dessin animé de l'Américain Jerry Seinfeld, Bee Movie, a abordé cette question de manière humoristique. Mais la réalité est bien plus sérieuse : l'enjeu, c'est bien notre survie !
Il faut sauver l'abeille...
C'est par millions que disparaissent les abeilles - et le phénomène semble s'accélérer. Dans certaines régions de France, on a constaté la mort de plus de 80 % des abeilles de certaines ruches. Cela dure depuis une dizaine d'années. Le phénomène est tellement inquiétant qu'au mois de septembre 2009, 500 chercheurs et 10.000 apiculteurs (éleveurs d'abeilles) se sont réunis à Montpellier (France) pour tenter d'enrayer le désastre. Les causes de la disparition des colonies d'abeilles ? Multiples. Un exemple : l'utilisation des pesticides dans l'agriculture non-biologique. On se souvient de produits détestables, comme le Gaucho et le Régent : répandus sur les cultures, ils tueraient les abeilles butineuses ou les " drogueraient ", à tel point qu'elles ne retrouvent plus la ruche.
... et vite !
Le réchauffement climatique est également pointé du doigt. Mais il semble que le grand responsable soit un acarien, le Varroa destructor, c'est-à-dire, un minuscule parasite, comme on en trouve dans la literie, où ils provoquent des allergies auprès des dormeurs humains. L'ennui, c'est que les scientifiques connaissent mal le Varroa : on ne sait pas, par exemple, comment il se développe. Les spécialistes des abeilles en sont réduits à limiter les dégâts. Avec des résultats encourageants : de 80 %, les pertes de colonies sont passées à 10 %, ces deux dernières années. Il ne faut donc pas s'affoler, mais le problème reste très sérieux.
Nos amies, les abeilles
C'est vrai qu'un bourdonnement d'abeille vrille nos nerfs. Mais il ne faut pas confondre abeille et guêpe. C'est cette dernière qui pique le capitaine Haddock dans Les Bijoux de la Castafiore. En revanche, c'est bien une famille d'oursons qui s'en prend aux tartines au miel de Tintin, dans Objectif Lune ! Merci, les abeilles... Au moment où va s'ouvrir le sommet de Copenhague (décembre 2009) sur les émissions de CO, responsables en grande partie du réchauffement climatique, on peut parier que les abeilles s'y inviteront. Directement ou indirectement. Que nous le voulions ou pas.

Le Journal
Forums
Livres (e-books)