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La fin du pétrole ?

Le Crabe aux pinces d or page 29

Le pétrole fait partie de notre quotidien depuis moins de deux siècles. Les réserves de ce précieux liquide s'épuisent. Faudra-t-il revenir deux cents ans en arrière ? Est-ce possible ? Est-ce vivable, au 21e siècle. Voici un tour d'horizon sur l'or noir...



Notre vie quotidienne est envahie de pétrole ou de dérivés du pétrole, comme le plastic. Or, l'utilisation industrielle du pétrole n'a même pas deux siècles. Pouvons-nous retourner à un monde sans pétrole ? Il semble bien que cette perspective est inéluctable. Le pétrole à 200 dollars le baril, c'est pour demain. Les réserves de pétrole seront à sec dans moins de 50 ans. Voilà des discours qui prennent de plus en plus de place dans les journaux. Et qui reviennent de plus en plus souvent. En revanche, d'autres spécialistes se montrent beaucoup plus rassurants. Qui faut-il croire ? Le mieux, c'est de bien s'informer sur ce qu'est vraiment cette source d'énergie qu'est le pétrole.
Tintin en Amérique
Comme source d'énergie, le pétrole est très récent et, selon toute vraisemblance, ne représentera qu'une très courte parenthèse dans l'histoire de l'humanité. A l'ère moderne, les premiers puits de pétrole ont été creusés en Roumanie. En 1857, ce pays était le premier producteur de pétrole raffiné dans le site de Ploiesti, à raison de 200 tonnes par an. Ce pétrole fournissait l'énergie nécessaire à un millier de lampes servant à l'éclairage public de Bucarest, capitale de la Roumanie.



Le pétrole ? Une drôle d'histoire !


Si l'utilisation du pétrole, telle que nous la connaissons est récente  -  et n'aura existé que deux siècles au maximum -, il n'en a pas toujours été ainsi. Oui, dans la plus haute Antiquité, on utilisait le pétrole. On ne creusait pas de puis pour le récolter : il affleurait à la surface de certaines régions du monde. Citons un exemple : en Mésopotamie (autour de l'actuel Irak), on récoltait le bitume (sorte de pétrole) en surface pour en faire des médicaments et des produits cosmétiques. On s'en servait aussi pour alimenter les lampes (d'ordinaire, on utilisait de l'huile). Mais l'usage le plus commun du bitume consistait à isoler les habitations de l'humidité du sol. Les maisons et les palais étaient recouverts dans leur partie basse d'une couche de bitume. Ainsi, les jardins suspendus de Babylone, considérés par les Anciens comme une des 7 merveilles du monde, faisaient usage du bitume pour en assurer une bonne canalisation de l'eau.
Les jardins de Babylone
En Egypte, mais aussi à Tyr, on calfatait les bateaux avec du bitume : cela les rendait étanches et insubmersibles. Et cela, plus de 6.000 ans avant notre ère. Si vous visitez une exposition Toutankhamon ou un musée d'égyptologie, sachez que les Egyptiens se servaient aussi d'un dérivé du pétrole pour la conservation de leurs momies ! Il semble bien que les Chinois ou les Japonais furent les premiers à se servir du pétrole (qu'ils appelaient, tantôt « huile de roche », tantôt « eau qui brûle ») comme une « arme » contre des ennemis. Les Chinois enfonçaient des tiges de bambou dans le sol pour recueillir le pétrole contenu près de la surface de la terre. L'usage guerrier du pétrole se retrouve, dès le 10ème siècle de notre ère dans la marine de l'empire byzantin et dans celle de la république de Venise. Les bateaux arabes lançaient aussi du pétrole enflammé sur les bateaux européens.



Le saviez-vous ?


Actuellement, l'énergie produite l'est, à 35 %, par le pétrole. Le reste se répartit entre le charbon (30 %), le gaz naturel (24 %), l'énergie hydro-électrique (6 %), les centrales nucléaires (5 %)


Le prix de l'essence ne cesse d'augmenter. En cette année 2011, il a varié entre 110 dollars et plus de 150 dollars le baril. Ces variations dépendent peu de la raréfaction du pétrole (plus un produit devient rare, plus il est cher). Entre le puits de pétrole, il y a tous les intermédiaires (raffinage, transport, spéculateurs...) qui s'arrangent pour influencer les prix et... augmenter leurs bénéfices !


Les besoins en énergie pétrolière dans le monde s'élèvent à 85 millions de barils par jour. D'ici à 2030, ces besoins dépasseraient plus de 100 millions de barils/jour. Si cette tendance se vérifie, les réserves de pétrole seront épuisées vers 2050.


La Roumanie est, en Europe, le premier pays où le pétrole est signalé, dès le premier siècle de notre ère. Les Romains, occupant le pays, l'appelaient "picula", qui signifie "graisse" ou "poix". Ce terme latin a donné le roumain « pacura » et le français "poix". C'est aussi le premier exemple au monde d'une exploitation systématique d'une source de pétrole.
Comment le pétrole est devenu indispensable à la vie moderne


Les utilisations anciennes du pétrole se sont poursuivies en Europe. Un exemple : dans le Bas-Rhin (France) on exploita, dès le 15e siècle, les sables bitumeux (du sable imprégné de bitume et, donc, de pétrole) à Pechelbronn (qui signifie "puits de bitume"). Exploité de manière commerciale depuis la fin du 18e siècle, le site a donné naissance à la société des huiles Antar, absorbée par Elf-Aquitaine. Mais c'est évidemment aux Etats-Unis qu'eut lieu la plus importante "course à l'or noir". On peut situer le début de l'aventure moderne du pétrole à l'année 1855. Cette année-là, la Pennsylvania Rock Oil Company (qui deviendra la Seneca Oil, en 1858) est fondée par George Bissell et Jonathan Eveleth. Les deux hommes s'adjoignent les services d'un chimiste, Benjamin Silliman (1816-1885), spécialiste de la distillation du pétrole. Il développera ainsi des produits tels que le naphte, les lubrifiants, le goudron, les solvants (notamment pour les peintures) et, parent pauvre, l'essence. Cette dernière est surtout utilisée comme détachant ! En 1859, George Bissell découvre la représentation d'un derrick, destiné à extraire le sel. Il lance l'idée d'utiliser cet engin pour puiser le pétrole. Il charge un retraité des chemins de fer, Edwin Drake (1819-1880), de forer le premier puits de pétrole américain. Ce qui sera fait en 1859, à Titusville, en Pennsylvanie.
Une forêt de derricks en 1896 près de Los Angeles
La production est modeste : 274 tonnes. Mais dès 1862 les Etats-Unis produiront trois millions de barils en un an. A titre de comparaison, la production journalière de pétrole était, en 2010, de 85 millions de barils.



Du pétrole partout !


Un certain nombre d'inventions vont consacrer le pétrole principalement à sa transformation en essence. Le moteur à explosion, évidemment, sans lequel l'automobile, mais aussi les navires et les avions ne se déplaceraient pas. On a peine à imaginer que le grand Albert Einstein (1879-1951) est né dans un monde sans essence ! Cela ne l'empêcha pas d'établir la théorie de la relativité générale, en 1915, alors que les premiers avions militaires lançaient les premières bombes aériennes.
Albert Einstein
L'invention du plastique a aussi mis le pétrole à contribution. Et le sel : on oublie que la plupart de nos objets en plastique (notamment, les emballages, les bouteilles, les ustensiles, etc) découlent d'un alliage entre le pétrole et le sel. On parle moins de ce dernier. Pourtant, la bataille pour le contrôle des mines de sel et du raffinage des sels marins se livre tous les jours dans le monde. Actuellement, c'est la société d'origine belge, Solvay, qui contrôle largement les centres de production et d'extraction du sel.
Mine de sel
Sans pétrole, que faire ?


Certains se réjouissent de voir disparaître le pétrole, énergie fossile, qui n'est pas inépuisable et qui pollue beaucoup. Les choses ne sont pas aussi simples ! La plus grande utilisatrice d'énergie (et, donc, de pétrole), c'est l'industrie. Donc, l'industrie pollue. Faut-il pour autant supprimer les industries dites polluantes ? Etes-vous prêts à renoncer à votre vélo ou à ce papier aluminium qui garde votre pique-nique au frais ? L'aluminium est travaillé, transformé : cela nécessite beaucoup d'énergie, et elle provient actuellement d'énergies fossiles comme le pétrole, le gaz (très peu) et le charbon.
Tintin et les Picaros
Or, l'évolution de l'économie mondiale fait que les minerais, tels que le fer et l'aluminium, sont désormais traités dans les pays émergents, comme la Chine, qui utilisent un maximum de charbon, énergie polluante par excellence. Nombre de légendes circulent sur l'après-pétrole. Un exemple : l'éolienne. Les Etats-Unis sont les champions de l'installation d'éoliennes. Hélas ! Cela ne produit que 0,5 % de l'énergie actuellement dépensée par les USA. S'il fallait faire fonctionner l'économie mondiale seulement avec les éoliennes, elle ne tournerait qu'à 60 % de sa capacité actuelle. Et il y aurait des millions d'éoliennes partout !
Le pied, nouvelle source d'énergie ?


Face à la raréfaction des sources d'énergie, les inventions les plus farfelues apparaissent sur le marché. Sur le marché... des légumes, notamment ! Tour à tour, la pomme de terre et la betterave ont été présentées comme les substituts aux énergies fossiles. La quantité de pommes de terre est tellement énorme pour fournir une masse ridicule d'énergie, que ces pistes ont été promptement abandonnées... Le Canadien Robert Komareschka trouve notre salut énergétique dans... nos pieds ! Démonstration. L'énergie hydro-électrique est produite par la circulation de l'eau. Des exemples : le courant d'une rivière, l'eau se déversant d'une cascade ou d'un lac artificiel, retenue par un barrage. Ce flux fait tourner une turbine, qui à son tour transforme la force de l'eau en électricité. Où Robert Komarechka trouve-t-il l'eau de son invention ? Dans la transpiration des pieds ! A cette fin, il a mis au point une micro-turbine, installée dans la semelle d'une chaussure.
Coke en stock
Au talon et à la pointe du pied sont installés deux petits réservoirs. En marchant, l'utilisateur fait circuler l'eau entre ces deux réservoirs. Cette eau actionne la micro-turbine et produit suffisamment d'énergie pour recharger la batterie d'une radio portable ou d'un GSM.
Une idée sacrément fausse !


Autre axe de réflexion. Le citoyen, soucieux d'économiser l'énergie, peut se dire : « Je ne cuisine plus. Cela consomme beaucoup d'énergie, directement (via les fours, les appareils électriques, etc). Je vais donc me nourrir de plats cuisinés, disponibles dans le commerce ». Idée sacrément fausse ! Les plats cuisinés sont cent fois plus énergivores que les plats cuisinés chez vous. Songez que les légumes proviennent souvent de pays lointains  -  il a fallu les transporter en avion. Il a fallu confectionner ces plats dans des grandes structures (ateliers, boucheries, etc). Il a fallu les conditionner (mise sous plastique, fabrication de barquettes...). Il a fallu les conserver : salles de réfrigération, conservation dans les départements « froid » des grandes surfaces. Et, avec ce total, vous n'aurez pas compté le prix du déplacement de votre maison au grand magasin ! Il convient donc de ne pas déplacer les problèmes. Ce n'est pas parce qu'un individu réduit drastiquement ses factures d'énergie que les économies globales d'énergie se portent mieux...



L'énergie de demain ? L'efficacité.


Avouons-le : nous avons été d'infâmes gaspilleurs d'énergie. Dans les années 1960, personne ou presque ne parlait de la disparition possible du pétrole. Cela paraissait très lointain. C'est pourquoi on a gaspillé des millions de tonnes de pétrole et de gaz naturel, par pure inconscience... ou parfois, pour créer de fausses pénuries et faire monter le prix du pétrole et du gaz... Pour ce qui concerne les énergies naturelles, il est aujourd'hui certain qu'il restera suffisamment de pétrole pour les enfants de demain, et suffisamment de gaz naturels pour les enfants de ces enfants. A condition de les utiliser avec sagesse. Les réserves de charbon sont incalculables et personne ne peut établir sérieusement quand ces réserves seront épuisées. Mais le charbon est très polluant.
Le charbon
Les énergies alternatives (soleil, vent, biomasse, hydroélectricité, etc), même si elles polluent aussi, sont nettement plus propres. Néanmoins, elles ne pourront jamais satisfaire, toutes ensembles, les besoins de la population mondiale à son niveau actuel. Et cette population (et donc, ses besoins) ne fait qu'augmenter.

Biomasse

Eolienne

Hydroelectricite

Energie solaire
La solution se trouve donc dans une utilisation responsable des énergies disponibles, pétrole y compris. L'industrie devra s'y résoudre, comme le simple consommateur. Et puis, pourquoi ne pas parier sur le génie humain ? Vers 1870, un très sérieux scientifique anglais avait estimé qu'en 1920, les rues de Londres seraient remplies, jusqu'à un mètre de hauteur, du crottin des chevaux qui tiraient les charrettes et les cabriolets. Entre-temps est apparu le moteur à explosion, et il n'y a plus un seul cheval dans Londres...
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