Des nouvelles de l'espace (6)
8 juillet 2011, 17 h 26' heure belge : avec quelques secondes de retard, la navette spatiale américaine s'élance pour la toute dernière fois dans le ciel de Floride. Atlantis emmène quatre astronautes vers la Station Spatiale Internationale : le Commandant Christopher Ferguson, le pilote Douglas Hurley et les spécialistes de mission Sandra Magnus et Rex Walheim. Dans la soute : le module de ravitaillement Raffaello qui transporte des provisions, et des pièces de rechange pour l'ISS. De plus, la mission étudiera, grâce à un module robotique, les possibilités de ravitaillements automatiques en combustible de la Station. Plus d'un million de personnes ont assisté à ce dernier décollage d'une navette depuis les plages jouxtant le Kennedy Space Center. Et le 20 juillet, lorsqu'Atlantis s'immobilisera définitivement sur la piste d'atterrissage et que le Commandant annoncera « Wheels stop » (« Arrêt des roues »), une page de l'histoire de la conquête spatiale se tournera, avec nostalgie.
Les cinq navettes (Columbia, Challenger, Atlantis, Discovery et Endeavour) auront cumulé 135 vols en un peu plus de trente ans. Elles auront emmené 355 astronautes de 16 nationalités différentes, passé 1327 jours sur orbite et parcouru plus de 900 millions de kilomètres, réalisé 10 missions vers la station russe Mir et 37 vers l'ISS. Elles auront aussi couté la vie à 14 astronautes. Le 28 janvier 1986, Challenger explose au décollage et le 1er février 2003, Columbia se désintègre lors de sa rentrée dans l'atmosphère.Un seul Belge aura l'opportunité de voler en navette : Dirk Frimout, c'était en mars 1992, à bord de la navette Atlantis. Une mission de 9 jours consacrée à l'étude de la haute atmosphère.
En trente ans, la navette a effectué d'extraordinaires prouesses spatiales en servant de laboratoire scientifique et technologique, et en larguant et réparant des satellites (notamment le fabuleux télescope spatial Hubble).
Elle fut aussi un outil unique de coopération internationale, en effectuant 10 missions vers la défunte station russe MIR puis servant à l'assemblage de la Station Spatiale Internationale . Elle permit d'accumuler des centaines d'heures de travail en sorties extravéhiculaires. Les Européens ne furent pas en reste, ils mirent au point notamment le laboratoire Spacelab, embarqué dans la soute de la navette et le module Columbus de l'ISS.
Le premier européen à embarquer à bord de la navette fut l'Allemand Ulf Merbold. Il fut suivi par de nombreux autres : français, belge, allemands, italiens, suédois, hollandais...
Et maintenant ?
Les Américains n'ayant pas encore décidé quel type de lanceur acheminera ses astronautes vers l'ISS, ceux-ci dépendront dans les quelques années à venir des vaisseaux russes Soyouz. La NASA attribue désormais un financement à des sociétés privées afin de développer les futurs vaisseaux capables d'envoyer des hommes et du matériel vers l'ISS. Celle-ci se poursuivra donc au moins jusqu'en 2020. L'exploration spatiale va donc retrouver maintenant un second souffle. Il est temps de prendre les grandes décisions qui emmèneront l'homme vers la planète Mars, vers des astéroïdes...
Pierre-Emmanuel PAULIS
Euro Space Center
Mars Society Belgium
Mail: Pierre.Paulis@eurospacecenter.be / Pierre-Emmanuel.Paulis@marssociety.be

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