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Tintin en impression 3D

Modélisation 3D de la figurine Tintin Cow-Boy et Milou en Amérique
Ce n’est pas pour demain, mais la démocratisation de l’impression 3D (dite impression tridimensionnelle) laisse entrevoir une vraie révolution industrielle qui ne peut laisser indifférente la société Moulinsart en charge de la création des objets inspirés par l’univers d’Hergé.
Cette fois la « menace » ne vient pas d’Endaddine Akass, le médium et gourou qui voulait transformer notre héros en coulée de matière plastique pour en faire une expansion destinée à être vendue soit à un musée, soit à un riche collectionneur (Lire Tintin et L’Alph-Art). Il n’est pas question ici de matériau en coulées lisses et dures, mais plutôt de modelage stéréolithographique ou de frittage par laser. Ces techniques permettent à partir d’un fichier numérique 3D d’imprimer un objet réel.

Principalement deux types d'imprimantes 3D

L'imprimante par dépôt de matière (Fused Deposition Modeling / FDM) identifie le fichier et ses buses déposent le matériau fondu (souvent du plastique ABS), couche par couche, qui se solidifie en refroidissant pour obtenir l’objet final. Des imprimantes professionnelles permettent l’impression dans d’autres matières comme le métal ou le verre. Ce type d'imprimante est accessible au grand public.

L'imprimante stéréolithographique (Stereolythography / SLA) procède par croisement de rayons laser multiples qui solidifient dans un « aquarium » point par point la matière en suspension. Seuls les points atteints par les laser se solidifient pour former l'objet. Ce type d'imprimante est encore pour l'instant réservé à l'industrie.

La 3D en quelques mots :

Un objet se définit dans l'espace. Un espace se détermine par une hauteur Y, une largeur X et une profondeur Z.L'objet est constitué d'un nombre infini de points qui ont une position dans l'espace et en définissent le “maillage”.

Par exemple, pour construire la statue de la Liberté en 1875, Auguste Bartholdi, aidé de Gustave Eiffel utilisa la méthode du maillage en constituant une structure métallique dont les points dans l'espace furent déterminés par une mesure précise des coordonnées XYZ des éléments. Ce maillage fut recouvert par différentes techniques qui lui donnèrent son volume final sur une hauteur de 93.000 mm.

Toute proportion gardée, il n'y a rien de changé dans la modélisation numérique du 21e siècle. X, Y, Z restent une base indispensable, même pour un objet de 3 mm de haut.

Le département 3D des Studios Hergé
Pour imprimer un objet, il faut au préalable réaliser un modèle de référence (ou master) à l’aide d’un logiciel dédié permettant de créer un fichier à partir de rien. On peut également générer un fichier 3D à l’aide d’un scanner 3D en partant d’un objet du monde réel. Depuis peu, il est aussi possible de télécharger des fichiers dans des banques de fichiers autorisées, dans la même démarche que les banques d'images qui existent depuis longtemps.
Au sein des Studios Hergé, le département 3D procède de différentes façons selon l’état des connaissances et des évolutions technologiques. L’étape préliminaire consiste toujours, à partir d’images tirées de l’œuvre d’Hergé («la matière première»), à créer le modèle tridimensionnel tout en respectant la «grammaire d'Hergé». Si l’image représente un objet, celle-ci est en l’état une image en perspective avec un point de fuite réalisé par Hergé. Il faudra alors récréer un plan (espace X, Y) sans perspective pour déterminer les caractéristiques X, Y, Z de cet objet. Si l’image ou un extrait de celle-ci représente un personnage (modélisation organique), il faudra le transposer directement en 3D sans passer par un plan.Cette « modélisation » tridimensionnelle (acquisition de modèles) est réalisée intellectuellement au sein des Studios à l’aide de modeleurs logiciels ; une parfaite connaissance de l'articulation du corps humain est indispensable.
La fabrication en série
A la fin du processus de conception, les Studios Hergé réalisent un modèle référence, physique ou virtuel, qui est transmis au prestataire pour la production en série. Au tout début, l'équipe recourait à une méthode traditionnelle qui donnait lieu uniquement à la création d’un master physique en atelier, à l’instar d’un sculpteur qui façonne un plâtre. Aujourd'hui, l’évolution des technologies aidant, l’équipe 3D crée le plus souvent un unique master virtuel qui est transmis à l'usine qui va fabriquer les moules pour l’injection ou la coulée, afin de pouvoir réaliser l’objet en série.

Fabrication du master 3D physique pour la collection des voitures

Fabrication du master 3D physique pour la collection des voitures
Ces moules sont créés de trois manières différentes:
- en contre-moulant le master physique créé dans un atelier;
- en réalisant une impression 3D du master virtuel;
- en utilisant le master virtuel pour modéliser les moules en négatif avec un ordinateur également. Ce nouveau fichier servira d'instructions à une machine qui gravera les moules directement.
Les débuts de Tintin en 3D
Les débuts de Tintin en 3D remontent à l’année 1953, avec une sculpture réalisée en bronze par le sculpteur belge Nat Neujean selon la technique traditionnelle dite à la cire perdue. Nat Neujean est souvent considéré comme étant le premier à avoir apporté la 3ème dimension aux personnages d’Hergé. Il est le premier sculpteur à avoir créé du vivant d’Hergé et à sa demande les personnages des Aventures de Tintin en trois dimensions.
Sculpture Tintin en bronze par Nat Neujean - Déclinaisons inspirées en vinyle
La première réalisation de 1953 est un Tintin en pied de face (dont l’original est en bronze) reproduit ensuite en vinyle (les fameux « Pouet – Pouet ») souple polychrome pour la société de produits dérivés MIRIM. Il s’agit vraisemblablement de l’unique figurine « Pouet – Pouet » conforme au travail de Nat Neujean. Les autres personnages « Pouet – Pouet » dont Haddock, Tournesol, les Dupondt et Milou furent inspirés des plâtres ou bronzes réalisés par Nat Nieujean.
De fameux défis
L’imprimante 3D permettrait à terme la copie de n’importe quel objet et… de Tintin bien sûr ! Voilà un nouveau défi de taille qui, pour les entreprises comme Moulinsart, titulaires des droits d’auteur pour l’œuvre d’Hergé, a des conséquences comparables à celles que l’industrie de la musique a subies ces dernières années, face à l’essor des MP3 et à la numérisation de la musique.
Une révolution ? Se poser la question c’est déjà y répondre partiellement. L’impression 3D, couplée avec la technique du scanner 3D, accélère le « métabolisme » d’une gestion dématérialisée des stocks et d’une forme délocalisée des unités de production. Le consommateur s’improvise fabricant (anytime – anywhere) ! Le consommateur n’a même plus besoin de modéliser lui-même, il peut se contenter de scanner un objet déjà manufacturé pour initier le début de sa modélisation. Est-il pour autant un contrefacteur ?

En droit, l’exception de copie privée (qui autorise une personne à reproduire une œuvre de l'esprit pour son usage privé) appliquée à l’impression 3D suscite d’ores et déjà des débats passionnants :
  • Une impression 3D à partir d’un fichier non autorisé (piraté) est-elle légale ?
  • Le téléchargement gratuit non autorisé d’un fichier 3D autorisé est-il légal ?
  • Qu’en est-il du partage peer to peer de fichiers 3D autorisés ?
  • Le régime de copie privée autorise-t-il au consommateur le droit de scanner un objet manufacturé et d’en faire une impression 3D ? Si oui, l’auteur ou le créateur de l’objet protégé a-t-il droit à une rémunération pour copie privée ?
  • Qu’en est-il du nombre de copies autorisées à partir de fichiers autorisés et de la légalité des mesures techniques de protection (MTP ou autrement appelées DRM (digital right management) associées à ces fichiers ?
À ces épineuses questions touchant au droit d’auteur et à la propriété intellectuelle, viennent se greffer d’autres questions plus générales comme celles :
  • De la différenciation entre la copie née de l’impression et l’original (identification, authentification et marquage du produit original, certificat, RFID, hologramme, faux produits et risques encourus, revente, traçage du produit etc…) ;
  • Du nombre de copies (séries limitées et numérotées) ;
  • De la responsabilité du fait des produits (composition, matières dangereuses, sécurité du consommateur,…) et de l’application de certaines règles pour la protection du consommateur comme en matière de la sécurité des jouets ;
  • Du droit des marques (notamment des marques figuratives 3D), des modèles et dessins et des brevets.

Beaucoup de questions mais peu de réponses à ce stade. Certes il y a des pistes et des intuitions. Une seule certitude, c’est une technologie qui va bouleverser les habitudes et l’instinct de défense ne sera pas l’unique moyen pour faire face au phénomène d’une fabrication sans stock ! Une responsabilité sociétale doit passer aussi par une stratégie gagnante qui tient compte des évolutions technologiques et de l’étude des relations entre les innovations et la société.
Ceci est d’autant plus vrai que l’impression 3D offre des avantages non négligeables  comme une fabrication à la demande qui permet au fabricant de faire l’économie de stocks, ou une distribution plus facile sous format partiellement dématérialisé via des plates-formes labélisées obviant à la perception des droits de douane à l’importation et à des frais de logistiques importants pour les marchés les plus éloignés.
Et pour finir, un peu de tintinophilie de terrain
Le lac aux requins
Involontairement ou non, Hergé est souvent en avance sur son temps. Dans Tintin et Le Lac aux Requins, un dessin animé produit par Belvision en 1972 et basé sur un scénario original de Michel Greg, c’est encore le cas. On y retrouve le professeur Tournesol, jamais à court d’inventions, et qui cette fois, expérimente un appareil permettant de reproduire les objets en trois dimensions !
Note préparatoire d'Hergé pour Le Lac aux Requins
Dans les notes préparatoires d’Hergé, on retrouve le croquis de cet appareil aux propriétés pour le moins révolutionnaire. L’ennemi juré de Tintin, Roberto Rastapopoulos va tout faire pour s’en emparer…
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