FR

TINTIN AU CONGO – Sacré Tintin

Épisode 4

Congo, retour au pays !

La dernière planche de Tintin au Congo n’est pas banale : on y découvre sur une pleine page le plan d’ensemble d’un village congolais dont tous les habitants, petits et grands, animaux de compagnie y compris, évoquent avec tristesse le départ du petit reporter et de son fidèle compagnon à quatre pattes. Entre nostalgie, regret et espoir d’un retour, les différents personnages y vont de leurs commentaires plus ou moins appropriés à l’événement. Plus surprenant, on aperçoit dans le haut de l’image, Tintin et Milou élevés au rang de fétiches ! Objets sacrés, ils feraient désormais partie du groupe ethnique (la tribu), du clan, de la famille. Voilà qui témoignerait alors d’un rituel d’adoration proche de celui du culte des ancêtres.
© Hergé/Moulinsart 2018
Aux yeux de certains, une telle « totémisation » pourrait paraître excessive. Pourtant, cette fiction est devenue une réalité que l’on croise fréquemment dans des échoppes et sur de nombreux marchés en Afrique. Ici, Tintin n’est pas coulé dans du polyester liquide pour être « Césarisé » comme dans Tintin et l’Alph-Art, mais sculpté, avec une touche humoristique non négligeable, dans des essences de bois de la région. Brutes de décoffrages, ces déclinaisons 3D de Tintin et de ses amis, ont un charme local. Elles sont faites avec les moyens du bord, et c’est sans doute ce qui est le plus remarquable. De cette ligne claire revisitée, se dégagent des déformations expressives et une forme d’appropriation culturelle.
Tintin et Milou, façon statuaire africaine… : cette dernière planche de Tintin au Congo prouve en quelque sorte que cet objet « sacré » n’a pas quitté le continent africain et cela, contrairement à beaucoup d’autres œuvres d’art précieuses, vénérées et inestimables qui ont rejoint des collections publiques ou privées étrangères, alors qu’elles faisaient partie intégrante du patrimoine culturel du Congo ou de l'Afrique !!!
Masque-heaume Luluwa. Kasaï Occidental, Zaïre. Musée royal de l'Afrique centrale. (Photo libérée de droits d'auteur sous Creative Commons CC0)
Vaste débat qui fait plus que jamais la manchette des journaux tant au niveau fédéral belge qu’international.
Voici quelques exemples de unes :
Faut-il restituer les objets sacrés du Congo aux Congolais ? (Le Soir du 26 septembre 2018)
Faut-il restituer les oeuvres d'art issues de la colonisation ? (L’Echo du 22 novembre 2018)
Restitution des biens culturels mal acquis : à qui appartient l’art ? (Le Monde du 4 janvier 2018)
La France a commandé un rapport sur la question et plus de 40.000 œuvres d’art seraient concernées par un retour temporaire ou définitif. La Belgique n’est pas en reste sur cette question à l’heure de l’ouverture du Musée royal de l’Afrique centrale.
L’Afrique pillée... déchue de 85% à 90% de son patrimoine artistique ou culturel. Sont visés en priorité les « objets mal acquis » mais les procédures de restitution pourraient porter aussi sur un ensemble plus large d’objets ramenés, échangés ou achetés par des aventuriers, voyageurs, archéologues bien intentionnés ou non. Si la faisabilité de la chose est envisageable pour les artéfacts (biens culturels et « cultuels ») des collections nationales ou fédérales gérées par des musées publics, plus compliqué serait le retour forcé d’œuvres de collectionneurs privés.
Masques en bois pour le tourisme. Afrique du Sud. (Photo libérée de droits d'auteur sous Creative Commons CC0)
La restitution serait un acte fort pour la poursuite d’une décolonisation des esprits. À l’évidence, la restitution des restes humains s’impose immédiatement. On devrait arriver à la même conclusion pour les objets volés ou spoliés. La conscience historique est un apprentissage de tous les jours, surtout à un moment où les équilibres de la mondialisation sont fragiles. Pourquoi ne pas prendre exemple sur le continent africain en fondant nos actions avant tout sur les liens sociaux, plutôt que de mettre l’accent sur l’économie à tout prix en épuisant les ressources !
Cette restitution enverrait un signal clair et immédiat de rupture radicale. Le futur nous dira ce que les grands sorciers auront prévu de faire.
« On ne peut prédire que le passé... » (Ernest Labrousse).

Pas encore de commentaire
ou pour écrire un commentaire.
Créez votre compte Tintin
De 5 à 12 lettres et/ou chiffres
Une confirmation sera envoyée à cette adresse
Minimum 6 caractères
Suite...
Vous êtes sur le site officel de Tintin.
Aucune information vous concernant n'est enregistrée avant votre approbation finale.
Consultez notre politique de confidentialité
Merci ! Pour vérifier votre email, veuillez entrer le code à 4 chiffres que vous avez reçu à .
Si vous ne l'avez pas reçu, vérifiez l'adresse ou regardez dans votre courier indésirable.
Les chiffres ne sont pas bons...
Retour
Suite...
Merci !
Votre compte est maintenant prêt à être créer.

En créant votre compte, vous acceptez de vous conformer aux Conditions générales de Tintin.com.

Vous acceptez de recevoir de la part de Tintin.com des notifications personnalisées liées à Tintin (nouveaux événements ou expositions, nouveaux livres ou produits etc.).

Vous pourrez régler vos préférences de notifications dans votre compte.

  
Merci d'accepter les conditions
Créer mon compte Tintin
Connexion
Mot de passe oublié
Entrez votre email, vous allez recevoir un lien pour réinitialiser votre mot de passe.
Mot de passe oublié
Un email avec un lien pour réinitialiser votre mot de passe a été envoyé à votre adresse.
Logo Tintin

Pour accéder à ce contenu, vous devez être inscrit à Tintin.com

Connexion / inscription
Pour obtenir votre passeport syldave, vous devez d’abord créer un compte Tintin.com.
Inscrit depuis le
Dernière connexion le
Logo Tintin English Nederlands Español 中文 日本語