Du brusseleir et des belgicismes dans "Les Aventures de Tintin"
Du brusseleir en stoemelings dans l’oeuvre d’Hergé… Autrement dit, l’œuvre d'Hergé est truffée de bruxellois. En effet, l’auteur utilisait ses connaissances dialectales, acquises de sa grand-mère marolienne, pour créer des noms de personnages, de lieux ou encore des langues imaginaires.
Plusieurs auteurs proposent des traductions du vieux syldave, du bordure, du bibaro ou encore de l’arumbaya sur base du "brussels vloms" (le dialecte flamand de Bruxelles) et quelques références au wallon.
Il est bien connu que la devise de la Syldavie "Eih bennek, Eih blavek", traduite dans l'album par "Qui s'y frotte s'y pique", tire ses origines du flamand de Bruxelles. En outre, cette phrase signifie "J'y suis, j'y reste" puisque "Hier ben ik, hier blijf ik" se traduit littéralement par "Ici je suis, ici je reste".
Les traductions de Jean-Jacques De Gheyndt révèlent une richesse insoupçonnée de la création hergéenne. Prenons pour exemple son analyse du texte en vieux syldave du manuscrit dans l'album Le Sceptre d'Ottokar, lequel se termine par ces mots : "Dâzsbíck fällta öpp o cârrö".
Dâzsbíck fällta öpp o cârrö
- bink (bv.): type, garçon (synonyme de peï);
- fällta = (nl.) valt : tombe (le –a final créant l'imparfait);
- cârrö = (fr.) carreau, carrelage, sol;
Mais vous n'êtes pas au bout de vos bell(g)es surprises ! Des belgicismes, les vrais de vrais, se trouvent également dans Les Aventures de Tintin.
Dès les premiers albums, notre héros national utilise des mots ou expressions bien de chez nous : une "clinche" pour désigner une "poignée", "je me suis saisi" pour exprimer sa surprise ou encore le "souper" pour le "dîner"...
Quelques belgicismes se laissent encore découvrir au fil des pages. Sauriez-vous les dénicher ?
En avez-vous relevé d'autres ?
Bonne fête à tous et vive la Belgique !
Réponses
- (1) "C’est fort bon", "fort salé" : fort devant un adjectif signifie "très". D'ailleurs cette expression existe aussi en France, mais n’est presque plus utilisée;
- (2) "Vous ne le croyez pas ? Moi bien" : signifie "moi oui, moi si";
- (3) "Parlophone": dispositif acoustique électronique interne à un immeuble, placé à l’entrée et dans une ou plusieurs pièces de celui-ci, afin d’en contrôler l’accès à l’aide d’un ouvre-porte. En France, le terme interphone est plus souvent utilisé;
- (4) "Sonne-moi pour me dire quoi" : sonner signifie appeler au téléphone;
- (5) : "À tantôt" : contrairement à la même expression du nord-ouest de la France, tantôt n’est pas obligatoirement "l’après-midi", mais signifie simplement "plus tard";
- (6) : "Wagon" prononcé WOUAAGON (/wa.ɡɔ̃/): dans le langage ferroviaire, un wagon désigne un véhicule remorqué destiné au transport de marchandises, par opposition à une voiture qui s'applique au transport de personnes. En Belgique, le terme "wagon" est indifféremment utilisé pour les deux types de transport;
À découvrir à ce sujet dans la Boutique Tintin en ligne :
Tintin chez les Belges
Tout est belge dans Tintin, mais Hergé s’est ingénié à brouiller les pistes, à déguiser les noms des personnages et des rues, à gommer les marques de bières, de voitures, de motos, à réinterpréter les paysages ou les patois de Bruxelles, de Flandre et de Wallonie… Préfacé par Philippe Geluck, « Tintin chez les Belges » est un livre inédit, hors commerce, au parfum de Sabena, de moules à gaufres et de Syldaves à l’accent bien de chez nous.

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