Tintin et la montagne
Les montagnes, foyers de biodiversité sont célébrées ce 11 décembre à l'occasion de la Journée internationale de la montagne. Des sommets neigeux du Tibet jusqu'aux crêtes accidentées des monts syldaves, en passant par les abruptes pentes de Rawhajpoutalah, Tintin est le chef de cordée de nombreuses ascensions. En effet, la montagne chère à Hergé a inspiré bons nombre de décors des aventures de son jeune héros.
Le capitaine Haddock est toujours le premier à râler mais aussi à suivre le jeune reporter dans ses plus folles aventures. Il dira même à la première page de Tintin au Tibet : « La montagne, comme paysage, ça ne me dérange pas trop... Mais s'obstiner à grimper sur des tas de cailloux, ça, ça me dépasse !... D'autant plus qu'il faut toujours finir par redescendre. Alors à quoi ça sert, je vous le demande... ». Le capitaine Haddock pose alors sans ménagement la question du sens de l'alpinisme.
Hergé s'est surement lui-même interrogé sur ce sujet... Sans pour autant en tirer les mêmes conclusions ! L'auteur venait du plat pays mais il était fasciné par la montagne. Ce n’est donc pas une coïncidence si les cols et les sommets se dressent comme décors récurrents des Aventures de Tintin. En tout, 11 albums comportent de hauts sommets.
En 1922, Hergé quitta pour la première fois la Belgique avec sa troupe de scouts pour explorer les Dolomites. Il avait tout juste 15 ans lorsqu’il effectua ce voyage. Le jeune Georges Remi, ou plutôt Renard Curieux, esquissa des abîmes et des pics vertigineux dans ses carnets de voyage. Ces panoramas émerveilleront le jeune scout et nourriront les futures Aventures de Tintin.
Ainsi, lors de cette expédition, Renard Curieux croqua ses compagnons scouts n’ayant besoin que de pain et d'une bouteille de vin pour gravir la montagne. Cette scène inspirera le moment où Tintin, pris de vertige dans la montagne, saisit du pain et une bouteille de vin pour reprendre des forces au poste frontière bordure dans Le Sceptre d’Ottokar.
Hergé s'inspira aussi de leur ascension du Schafberg dans les Alpes autrichiennes pour imaginer Tintin au Tibet. D'ailleurs, la troupe de scouts épuisée par la marche fut hébergée dans un couvent de Bénédictines. Dans l'album, Tintin, Milou et le capitaine Haddock sont recueillis par les moines du monastère de Khor-Biyong, une lamaserie tibétaine située sur les pans de l'Himalaya. Hergé n'a finalement jamais mis les pieds sur le "toit du monde" et l'a pourtant si bien dépeint.
D'autres expériences forgèrent Renard Curieux et son imaginaire, comme leur ascension du col de l'Ofen dans les Alpes, celle du glacier d'Ossoue ou encore du mont Maudit des Pyrénées. Hergé parlera de cette période de sa vie comme du "Tibet de [sa] jeunesse". "Cette découverte de la montagne l'a marqué au même titre que ses autres séjours à l'étranger, Tintin est l'héritier des voyages du jeune Hergé" dira Philippe Goddin, spécialiste de la vie et de l'œuvre d'Hergé.
Quand Tintin prend de la hauteur, c'est souvent que l'action s'intensifie
- Dans Tintin en Amérique, le héros se lance à la poursuite de Bobby Smiles en escaladant une montagne. une première pour Tintin qui s'exclame " Nous n'avions pas encore fait de l'alpinisme. Nous voilà servis Milou !....". La course-poursuite prendra fin dans un nid d’aigle des Rocheuses.
- Dans Les Cigares du Pharaon, Tintin poursuit le fakir et son complice qui s'élancent vers les sommets.
- Dans Le Temple du Soleil, il prend d'assaut une paroi pour délivrer Milou, enlevé par un condor.
- À Hou-Kou, c’est dans les montagnes chinoises du Lotus bleu que Tintin est gravement blessé par le photographe de Mitsuhirato.
- En Syldavie, c’est au terme d’une traque de deux jours dans la montagne que le sceptre d’Ottokar pourra enfin être récupéré.
- Pour lever la malédiction des explorateurs de l’expédition Sanders-Hardmuth dans Le Temple du Soleil, Tintin devra parvenir au sommet des Andes.
- C’est encore dans les monts syldaves, à Sbrodj, que des espions bordures tenteront de saboter le départ de la fusée lunaire dans Objectif Lune.
- Dans Vol 714 pour Sydney, un volcan menace d’engloutir Tintin et ses compagnons…
La montagne, d'été comme hiver, a inspiré Hergé tout au long de son œuvre. L'artiste s'en est imprégné pour les Aventures de Tintin mais aussi pour réaliser des cartes postales ou encore des couvertures de magazines. les haut-sommets ont été une source intarissable d'inspiration.
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