Garder la tête froide...
Couvre-chef vissé sur la tête, visage pimpant et gambettes prêtes au départ, Tintin doit aussi se protéger, aussi bien des rayons du soleil que des innombrables péripéties qui l'attendent.
Des dunes brûlantes du Khemed aux neiges éternelles de l'Himalaya, en passant par les tropiques, les Highlands écossais ou les plaines américaines, notre reporter garde toujours la tête sur les épaules. Et surtout, il adapte son couvre-chef aux circonstances. Béret, keffieh, Stetson, suroît ou chapka : chez Tintin, chaque aventure a sa coiffe.
Pas de doute, cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Avant même de reconnaître sa célèbre houppette, il suffit souvent d'apercevoir le chapeau du moment pour savoir où l'aventure nous emmène.
Dans les années 1930, un gentleman digne de ce nom ne sortait guère tête nue. On retrouve ainsi Tintin coiffé d'un béret dans L'Oreille cassée. Une allure simple mais efficace… même si les ennuis, eux, ne tardent jamais à lui tomber sur la tête.
Difficile de garder la tête froide en plein désert. Dans Les Cigares du Pharaon, Tintin se plie donc aux usages locaux en nouant un keffieh, maintenu par un agal. Il en aura bien besoin ! Entre de faux amis, une actrice prétendument en détresse, des bandits et un peloton d'exécution, il y a largement de quoi perdre la tête... sans jamais la baisser.
À Rome, fais comme les Romains. En Amérique, fais comme les cow-boys ! Tintin applique le proverbe à la lettre en coiffant un magnifique Stetson dès son arrivée. Quelques galops endiablés, des culbutes de bon aloi, et hop ! Le voilà lancé à la poursuite des bandits, le lasso tournoyant au-dessus de sa tête... avant de réussir l'exploit de se saucissonner tout seul. Il y a encore du progrès à faire... !
Ensuite, direction l'Asie. Affublé de sa tenue chinoise et d'une traditionnelle toque noire, Tintin se fond aussitôt dans le décor. Plus emblématique, ce n'est juste pas possible. Il se faufile comme une anguille, finit une nouvelle fois ligoté (décidément une mauvaise habitude) avant qu'un énergumène ne décide que sa tête ferait mieux de ne plus être sur ses épaules. Ouf ! C'était moins une.
Cap sur l'Écosse, où souffle un vent à décoiffer les plus courageux. Notre reporter revêt un kilt et coiffe un authentique tam o'shanter, le bonnet traditionnel écossais. De quoi avoir fière allure... même si les tours de passe-passe et les faux-semblants finissent une fois encore par lui donner du fil à retordre dans la quête de l'antre du mystérieux docteur Müller.
Le grand large appelle ensuite nos aventuriers. Dans L'Étoile mystérieuse, Tintin enfile un ciré et protège sa tête sous un suroît, le célèbre chapeau imperméable des marins. Une tenue idéale pour affronter les embruns et les tempêtes. Le capitaine Haddock, lui, ne risque pas de s'en plaindre pour une fois.
Plus original encore, Le Temple du Soleil lui offre une spectaculaire coiffe cérémonielle inca. Il faut reconnaître qu'elle attire davantage le regard que n'importe quelle casquette estivale. Heureusement, il n’est pas le seul à être orné d’un tel attribut ! Hélas, ce n'est pas pour assister à une fête : notre héros est promis au bûcher. Heureusement, il garde la tête froide et une éclipse providentielle lui sauve la mise. Comme quoi, avoir la tête bien faite vaut parfois mieux qu'un bon couvre-chef.
Dans Coke en stock, changement d'ambiance. Coiffé d'une sorte de slouch hat, Tintin adopte presque des airs de vacancier. Presque seulement. Car un atterrissage forcé, des trafiquants et une course-poursuite suffisent rapidement à lui remettre les idées en place. Décidément, les vacances ne lui montent jamais à la tête.
Enfin, direction les sommets himalayens. Dans Tintin au Tibet, le thermomètre est à l'opposé de la canicule actuelle. Cette fois, notre reporter troque le chapeau de soleil contre une casquette de montagne à visière. Une coiffe indispensable pour braver le froid, sauver Tchang et croiser un yéti bien plus attachant que sa réputation ne le laisse croire. Preuve qu'il faut savoir garder la tête au chaud autant que la tête froide !
Textes et images © Hergé / Tintinimaginatio - 2026

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